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dimanche 5 août 2007:: Techno not dead ?
A la lecture de l’article de Libération consacré au festival Astroplis qui se tient en ce premier week-end d’août à Brest(retrouvez les photos par ici), où l’auteur, un certain Thomas Giovanetti écrit : "Preuve que le courant techno vieillit, comme tous les autres, une Astroboum se tiendra samedi après-midi au Cabaret sonique pour les moins de 12 ans, accompagnés des parents", votre serviteur ne peut que bondir d’etonnement, découvrant qu’il vient tout de même de fêter ses trente-sept printemps et que sa chère musique electronique ne date pas d’hier non plus. Mais est-ce que pour autant notre mouvement souffirait-il de sénilité avancée, voire de ringardise caractérisée ? Il faudrait le demander aux "jeunes" de maintenant, mais avant de leur poser la question, une petite piqûre de rappel s’impose (et oui, comme avec le vaccin contre la grippe)...
Dans l’absolu, tant qu’il y aura des machines pour produire des sons et des humains avec des oreilles ou quoi que ce soit d’autre pour percevoir les sons, il y aura de la musique électronique. Ouf pourrait-on dire, mais dites-vous bien que Cascada et autres Dolly, utilisent eux aussi les mêmes machines que nos DJs/producteurs préférés ! Qu’est ce qui différencie donc un gros hit dance scandinave, allemand ou moldave d’un pur morceau tech/hard tech ou trance ?
Seules les oreilles du connaisseur savent faire la différence. Vous pouvez aussi essayer de prendre en otage le DJ de la discothèque de votre bled et le forcer à passer un morceau de Jeff Mills entre la série Zouk et la série R’n’B pour constater la différence sur le dance floor. Ce sont les mêmes machines, mais tout sépare ces deux univers au niveau du traitement qui en est fait. C’est un peu comme comparer la peinture figurative et la peinture abstraite. Difficile d’expliquer comment une peinture de Mark Rothko intitulée "White Center (Yellow, Pink and Lavender on Rose)" a pu être évaluée à 40 millions de dollars...
Pourtant, la société dans laquelle nous vivons est devenue tellement complexe que la simple représentation des couleurs et des formes ne suffit plus. Il faut y ajouter une émotion que les artistes suscitent souvent en créant un choc, une cassure, une rupture, d’où l’utilisation de formes géométriques pour les plasticiens et de séquences répétitives pour les musiciens. Mais la seule accumulation de formes ou de séquences ne suffit pas, encore faut-il leur donner un sens à la sensation sinon ce n’est que saturation sensorielle, au sens strict. C’est sûr.
Pour cela, rien ne vaut une grosse déprime, un spleen, ou encore une colère ou une rage intérieure. Ce mot "spleen" est apparu avec Baudelaire, fin XIXeme, une époque ou la remise en question de la société bourgeoise était à l’ordre du jour. Face au confort matériel qu’affichait une minorité de privilégiés, des intellectuels marginaux, faisaient face en tranformant leur frustration en art (le "Cri" de Charles Munch...) à la limite de la provocation.
C’est dans ce contexte que le Jazz apparut dans la premiere moitié du XXe siecle, où des solidarités se sont dessinées entre des idéalistes parfois persécutés, souvent décriés et une communauté Noire Américaine toujours privée de ses Droits Civiques. Une alchimie qui allait donner lieu à de nombreuses créations qui influencèrent jusqu’à aujourd’hui.
Mais ce n’est que lorsque le Jazz fut lui-même confronté au progrès technique qu’il devint véritablement une influence majeure pour la techno telle que nous la connaissons. C’est en effet lorsque de nombreux Noirs des Etats du Sud des Etats-Unis entreprirent de venir travailler dans les usines d’automobiles de la région des Grands Lacs et en particulier Detroit, que naquit de cette fusion entre jazz/gospel et monde moderne le courant Soul qui fit les belles années de la Motown en donnant naissance à ce style très dansant, avec ses petites ponctuations saccadées dans le rythme qu’on retrouvera plus tard, de façon plus marquée encore, dans la techno.
Mais c’est vraiment ce cocktail musique noire + modernité + danse qui définit encore aujourd’hui la base de la techno. D’ailleurs les Mods anglais eux ne juraient que par la Soul, or le mot "Mod" vient de "Modernisme", par opposition aux Rockers, fidèles à l’esprit des fifties...
C’est ce qui explique pourquoi les Maîtres de la Techno sont tous blacks ou presque (Gary Martin...) et de Detroit : Jeff Mils, Derrick May, Carl Craig, Juan Atkins, Stacey Pullen, Green Velvet, Derrick Carter, Moodyman, Felix da Housecat, Underground Resistance... OK, il y a bien sur des exceptions, et même quelques petits blancs parviennent à sortir du lot, mais comme le soulignait récemment Laurent Garnier dans une interview, "aujourd’hui le véritable créateur n’est plus le producteur de musique mais celui qui conçoit les logiciels de production" (Logic, Live, etc...).
On se consolera donc soit en réécoutant les classiques, soit en suivant Laurent Garnier dans ses explorations Jazzy avec son nouvel album, "Public Outburst" enregistré en live avec des musiciens de jazz, mais à moins que toi, internaute de passage sur cette page - qui a eu le courage de lire cet edito jusqu’à la fin, n’ait des suggestions plus optimistes à faire, oui la Techno est morte, comme le Punk ou la New Wave et il faudra attendre une ou deux générations pour que des gamins encore pas nés aujourd’hui retrouvent les disques de papa maman et aient envie de faire la même chose. En aussi bien de préférence, l’état de mes oreilles n’allant pas en s’améliorant. Merci.
Article original paru dans Libération du 3 août 2007 : "Astropolis invoque la transe vaudoue"
Actualité rédigée par Itribe.
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| Ecrit par par illegalparty le lundi 6 août 2007 à 14:38 | ![]() |
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| Ecrit par par Th-est le samedi 1er septembre 2007 à 01:35 | ![]() |
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| Ecrit par par thierry13 le dimanche 9 septembre 2007 à 12:06 | ![]() |
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